Pourquoi l'avenir est à l'électrique ?

Publié le 22 Janvier 2010

Bon, je prends le temps ce matin pour expliquer ici les quelques raisons qui me font soutenir les voitures électriques et hybrides. Enfin, pour ces dernières, il s'agit surtout des vraies hybrides, je reviendrai sur ce point un peu plus loin.

Donc, pour faire simple, je vais présenter en trois parties mon argumentaire :
- les avantages et les raisons qui vont nous faire changer
- les inconvénients et reproches
- les différents chemins pour notre avenir plus ou moins proche

En premier lieu, les voitures électriques ne sont pas nouvelles. Cela fait plus de 100 ans et même en grande production, les clio, 106 et autres Kangoo ont eu des versions électriques. Loin d'être mauvaises, elles n'étaient pas abouties : conception de voiture thermique, batteries au plomb et surtout elles ont eu le malheur d'arriver peut-être trop tôt. Ajouter à cela le fait que les politiques n'ont pas tenu parole (comment ça, je suis naïf ? pourtant, pour augmenter les fonctionnaires, doublement, en effectif comme en rémunération, ils ont l'air de tenir parole ...) et vous avez le cocktail idéal pour un flop magistral.

Dès lors, l'a priori sur les voitures électriques ne peut pas être bon. Toutefois, quand on est monté dans un exemplaire et que l'on en croise régulièrement, on ne peut que se dire qu'au pire c'est l'avenir, qu'au mieux c'est vraiment dommage qu'aujourd'hui ce soit aussi difficile de franchir le pas faute d'offre cohérente et structurée.

D'une part, c'est vraiment silencieux. On se déplace comme sur un tapis volant, avec les seuls bruits de roulement et/ou aérodynamiques. Profiter tranquillement de la radio ou discuter sans élever la voix est tout à fait possible. C'est mêmer recommandé ...

D'autre part, les avantages techniques du moteur électrique sont nombreux avec une simplification sérieuse de l'architecture automobile. On va pouvoir trouver des voitures avec des volants amovibles, histoire de s'installer facilement ou de transformer la voiture en salon de discussion sur un parking. De plus, le moteur électrique propose un couple monstrueux disponible tout de suite. Et ce dernier point n'est pas négligeable puisque c'est en partie ce qui fait le succès des moteurs diesel dont les turbo n'offrent pas forcément beaucoup de puissance mais mettent à disposition un couple (la puissance à bas régime pour celles et ceux qui ne font pas la différence) important qui donnent l'impression d'avoir un gros moteur. Avec les limitations de vitesse de plus en plus respectées, cela sera de plus en plus important. A quoi sert une voiture qui monte à plus de 150 kilomètres par heure en France ? Par contre, avoir un moteur qui permette de démarrer rapidement au feu lorsqu'il passe au vert est vraiment agréable. Idem pour doubler camions, bus, tracteurs, vélos, piétons, rayez la/les mention(s) inutile(s).

Dès lors, il n'est pas délirant de penser avoir des voitures offrant plus de 200Nm mais seulement 50 chevaux par tonne. Pour vous donner une idée, cela correspond à un 2L essence atmosphérique ou un 1,2L turbocompressé. Des moteurs de sportives ... Mais dont la puissance, "suffisante" comme disaient Rolls & Bentley il y a quelques années, ne transformerait personne en déliquant de la route !

Passons maintenant aux inconvénients et aux principales critiques. La principale est l'autonomie. C'est vrai qu'une centaine de kilomètres, ce n'est pas beaucoup. Toutefois, je pense qu'il y aura une réelle segmentation. Surtout que la recharge électrique n'a vraiment rien à voir avec un plein d'essence. Ainsi, on a aujourd'hui des voitures qui vont de 500 à plus de 1500 kilomètres en fonction de l'usage. Il en sera de même avec l'électricité. Mais de 50 à 500 kilomètres. Cela sera largement suffisant pour la grande majorité des français. Surtout qu'il sera sans aucun doute possible de recharger les batteries en très peu de temps ... dans des stations de charge équipées pour.

Le deuxième reproche souvent mis en avant est le prix de tels véhicules. Il est vrai qu'ils ne seront pas donnés. Surtout dans un premier temps. Mais au final, le coût de revient kilométrique, celui qui inclut l'assurance, l'énergie nécessaire pour faire rouler le véhicule, et l'entretien est déjà depuis plus de dix ans en faveur de l'électricité, alors même que ce sont généralement des technologies complètement dépassées qui ont été utilisées ! De plus, la production électrique peut être totalement d'origine locale, ce qui dans le cadre de l'indépendance énergétique n'est pas le moindre des intérêts.

Enfin, dernier reproche que l'on fait avec le mode de propulsion électrique concerne la production électrique. En effet, dans de trop très nombreux pays, ce n'est pas vraiment une production propre. Souvent à base de charbon, de pétrole ou de gaz, elle est souvent aussi polluante que l'usage actuelle de l'automobile avec des hydrocarbures. Toutefois, il est nettement plus intéressant de tout revoir en même temps : production et consommation électrique avec un appui de poids qu'est le secteur automobile. Avec le développement important des petites centrales de production, vertes ou mixtes, l'efficacité énergétique devrait être supérieur. Au pire, on passerait à 50% (de l'énergie disponible réellement utilisée). Au mieux, on dépasserait les 80 ... De plus, la mise en place de structure de stockage serait sans aucun doute faciliée avec le développement commun de l'automobile : que ce soit dans les batteries ou dans la production d'hydrogène, il y a là un potentiel tout simplement incroyable !

Voilà donc pourquoi, dans les années à venir, il va y avoir une métamorphose du paysage automobile. Nous sommes actuellement dans une phase d'optimisation des technologies du siècle dernier. C'est pour ça que les constructeurs arrivent à passer sous les seuils de consommation fixés par les différents états. Néanmoins, même si la progression est encore possible, notamment avec des véhicules plus légers et mieux conçus, il va y avoir un recours de plus en plus important à l'électricité.

D'une part avec les hybrides, micro comme les Toyota/Lexus (moins de 5 kilomètres d'autonomite en tout électrique),  et surtout avec les futurs modèles de GM comme la Chevrolet Volt ou l'Opel Ampera qui devrait offrir plus de 50 kilomètres d'autonomie en tout électrique et sur de longs voyages consommer moins de 2 litres aux 100 kilomètres !

D'autre part, avec des voitures 100% électriques sur des dizaines, voire des ventaines de niches comme les sportives avec Venturi/Tesla. Des microspaces comme la BlueCar. Des voitures de ville façon microcar avec Heuliez. Ou encore des "vraies" voitures de M. et Mme Toulemonde avec Renault.

Mais il faudra aussi observer avec attention les outsiders chinois, russes, et ... français. En effet, je pense que le géant du pneumatique, Michelin, avec son moteur-roue électrique a toutes les cartes en main pour s'assurer un avenir resplendissant.

Mon choix personnel n'est pas encore fait. Il dépendra comme pour beaucou de nombreux paramètres mais avant tout financier et surtout d'une étude des besoins. La Zoé de Renault devrait me convenir particulièrement bien. Toutefois, il me semble encore important de souligner : la meilleure économie est le choix de ne pas consommer ...

Rédigé par Teknofil

Publié dans #Automobile

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Philippe 06/02/2010 10:09


Le velo ca me plait bien ;)


Teknofil 07/02/2010 12:00


Oui, les français sont obligés de se démarquer nettement et il ne reste que cette voie là. Parce que l'hybride diesel n'a vraiment pas que des avantages (déjà le poids du moteur au mazout) ...


Philippe 05/02/2010 07:44


Je ne serais pas aussi péremptoire mais c'est une possibilité ...


Teknofil 05/02/2010 10:40


Pourtant, si ce n'est pas demain, ce sera pour les prochaines générations. Même s'il y a toujours du pétrole, il sera de plus en plus cher et toujours aussi polluant. Seule une énorme percée dans
les biocarburants à base d'algue pourrait compenser. Et encore, je pense que la méthanisation sera utilisée pour produire du gaz ... de ville. Bref, ce sera certainement l'électrique/hybride (moins
de 2L aux 100 kilomètres) ou le vélo d'ici 50 ans