Homo numericus

Publié le 31 Décembre 2011

Chasser le naturel et il revient au galop. Ici, il n'est pas seulement question de Digital natives mais bel et bien d'une nouvelle espèce, d'un fork diraient les geeks, de l'espère humaine telle que nous la connaissons aujourd'hui. Elle se distingue de l'ancienne par la croyance en la technique dans sa variante la plus incroyable : la technologie.

Cette idée n'est pas mienne et déjà le fruit d'un intellectuel français du siècle dernier, Jacques Ellul, qui avait déjà déplacé la réflexion du capitalisme vers la machine. Ce qui était vrai durant les trente glorieuses l'est toujours aujourd'hui. Plus encore.

La croyance partagée par la plupart que nous sommes plus heureux et surtout que nous allons être sauvés par la technique/technologie est profondément ancrée. La force de la filière scientifique dans tous les pays en est une démonstration remarquable. Avec tout ce que cela peut entraîner comme appréhension du monde tel qu'en l'infinitude des ressources ...

Appliquons maintenant ce raisonnement aux jeunes (et moins jeunes) qui passent de plus en plus de temps à utiliser les bidules-machins-choses, de la TV au smartphone, en passant par l'ordinateur et la console de jeu, le tout sur Internet parce que c'est là que sont les amis-copains-contacts-collègues (sans compter la connaissance grâce à Google & Wikipedia) : les homo numericus sont de plus en plus nombreux. Et tel un virus, ils peuvent contaminer leurs proches qui le deviennent à leur tour (ou pas).

On retrouve parmi eux les gourous et les leaders qui forment des groupes et reproduisent des schémas semblables (repli sur soi, haine de l'autre, etc.) à ceux ayant causé des guerres. Le sacré a été récupéré et n'est plus le propre des religions ou des philosophies. Il y a derrière cela un habitus qui confond la connaissance et le support, le fond et la forme, et qui donne à celles et ceux qui maîtrisent le mieux la technologie des arguments pour promouvoir non seulement leurs idées mais leurs personnes.

Enfin, dernière pierre à cette rapide réflexion en cette fin d'année 2011, l'interdépendance de tous. Les évènements dans le monde arable, au Japon ou en Thaïlande ont clairement indiqué les possibilités liées aux effets domino. Seulement, les moyens de communication, et surtout les incroyables facultés d'organisation des êtres humains, ont permis jusqu'à ce jour de compenser. Il n'en sera pas toujours ainsi. Mais j'ai comme un doute sur la capacité des êtres humains de remettre en avant l'humanité face à la technique. Surtout que jusque maintenant, cela s'est quand même fait dans les meilleures conditions pour l'homme. Moins pour la nature, ce qui in fine se répercutera sur lui.

Rédigé par Teknofil

Publié dans #Teknofil

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Commenter cet article

Philippe 08/01/2012 18:05

http://www.devoir-de-philosophie.com/dissertation-technique-condition-bonheur-17170.html

Teknofil 08/01/2012 18:51

Bonne idée ...

Philippe 08/01/2012 18:03

On dirait un sujet de philo : la technique et le bonheur ...

Je dirais Descartes, ...