Politique

Publié le 12 Décembre 2008

On devrait bientôt savoir quelle politique de civilisation l'Occident va choisir. Et où cela se décidera-t-il ? Aux Etats-Unis. En effet, si les sénateurs décident de sauver les Big Three (les 3 grands constructeurs automobiles : GM, Ford et Chrysler), la civilisation automobile telle que nous la connaissons depuis plus de 50 ans continuera dans la même direction.

Mais s'ils refusent de les sauver, comme le gouvernement a laissé plonger une grande banque, ce sera un coup important porté au mode de vie actuel. En effet, cela pourra donc être pris comme une annonce claire et nette du refus de l'automobile toute puissante avec tout ce que cela implique : emploi mais aussi pollution.

Sachant qu'aux Etats-Unis, l'automobile a une place encore plus importante que partout ailleurs sur la planète, la direction sera alors donnée : restructuration, avec certainement quelques faillites (les pensions seront alors prises en charge par l'Etat sans aucun doute possible) mais pas seulement aux Etats-Unis, mais partout. Ainsi, ce que le patron de Fiat déclarait il y a quelques jours dans la presse pourrait rapidement se réaliser : en quelques années, il ne resterait que quelques grands groupes produisant chacun plus de 5 millions de voitures !

Reste que la demande risque de changer et que c'est la fin des grosses berlines et des SUV plus lourds encore qu'inutiles. L'arrivée des diesels aux Etats-Unis, notamment avec Volkswagen mais aussi Nissan (qui proposera des motorisations diesel ... Renault), Toyota et Ford (autonome grâce à sa propre expérience mais qui peut également s'appuyer sur l'expertise de PSA Peaugeot-Citroën), est un indicateur pertinent.

Certes, la révolution culturelle n'est pas mince. Alors qu'en Europe, les petits moteurs avaient été la norme pendant la reconstruction après-guerre, la crise pétrolière n'avait alors que confirmer leur intérêt. Aux Etats-Unis, ils n'ont jamais pris. Bien au contraire, la moindre voiture devait être équipée d'un V8 gourmand mais pas forcément puissant. Bref, il y a du chemin à faire, que les constructeurs japonais ont déjà en partie réalisé outre Atlantique !

Au final, ce n'est pas tant les constructeurs américains qui vont souffrir, étant déjà au fond du trou, mais les constructeurs allemands de luxe (BMW, Mercedes et dans une moindre mesure Audi) puisque leur modèle de rentabilité, basé sur des grosses motorisations puissantes (certes plus économes que les américaines) est directement visé par cette politique.

Reste donc à savoir de quoi demain sera fait. En 2008, je suis toujours étonné de ne pas pouvoir acheté une voiture électrique ou hybride populaire (pas trop chère) et efficace !

Mise-à-jour : voilà, le Sénat a mis un terme aux demandes des big three et ces derniers devront donc se débrouiller autrement pour sauver leur industrie ! Aucune solution intermédiaire comme une condition de produire des véhicules économes, voires hybrides ou électriques (moins intéressantes aux USA où l'électricité est en partie produite avec du charbon). Au contraire, les républicains vont proposer une solution purement économique reposant sur un massacre social sans précédent pour continuer à produire les mêmes grosses merdes voitures !

Rédigé par Teknofil

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