La réforme des universités

Publié le 5 Juillet 2007

Voilà un domaine qui risque d'être polémique. En effet, l'université concerne beaucoup de monde. Trop de monde selon moi. En effet, on retrouve dans l'enseignement supérieur toutes les personnes mal orientées ou qui décident d'aller à la fac pour faire comme les autres. Il ne faut pas s'étonner alors que 44% des personnes qui y rentrent sortent sans diplôme (ce qui ne veut pas dire, mais alors pas du tout, sans qualification).

Reprenons point par point : l'entrée, la formation, la sélection et les diplômes.
L'entrée est possible dès lors que l'on possède un baccalauréat. Noble diplôme qui a pris du plomb dans l'aile ces dernières années. Je ne cache pas que pour moi, il y a 3 bacs : le premier, général, qui regroupe 3 spécialisations et qui à mon sens est le seul vrai diplôme qui devrait permettre d'accéder à l'université (ou du moins aux fillières générales) ; le second, technologique, qui oriente déjà vers le monde professionnel et donc vers les BTS ou IUT/Licence pro dans l'enseignement supérieur ; enfin le bac pro qui a pour objectif d'offrir une qualification professionnelle à ses titulaires et ainsi un job une fois obtenu.

Or, avec un bac pro en mécanique, il est possible de s'inscrire en licence de psychologie. Cherchez l'erreur ...
Et ce n'est pas drôle du tout. J'en ai cotoyé des jeunes ayant ce bel et beau diplôme mais qui, faute d'orientation, se sont inscrits dans des fillières qui les mènent droit à l'échec. Le taux de réussite : 0% !
Arrêtons l'hécatombe et proposons, non pas une sélection, mais des prérequis aux inscriptions.
Qu'un titulaire du bac pro s'inscrive en BTS voire en IUT, pourquoi pas ? Il faut lui laisser sa chance. Il en a peut-être les capacités. Mais à la fac (i.e. toutes les autres formations universitaires, généralement dites générales), c'est une hérésie.

Maintenant, parlons un peu de la formation. Aujourd'hui, on peut tout faire à la fac. Et contrairement à ce que l'on dit, il n'y a pas que les médiocres qui y vont. En effet, nombreux sont ceux qui après (ou pendant) leurs classes préparatoires se retrouvent à l'université. Certes, le rythme n'est pas le même. La méthodologie non plus ! Fini le lycée serai-je tenter de dire ...
Et je vous laisse deviner qui forme les médecins, les avocats, les enseignants et les chercheurs  ! Oui, l'université. Ou plutôt LES universités. Parce qu'il ne faut pas généraliser.

Il y a un monde entre une université scientifique et une université de lettres et sciences humaines. D'ailleurs, le président étant souvent issu des professeurs représentatifs de l'établissement, vous comprenez bien qu'ils soient aussi différents. Dès lors, les traiter de la même façon n'est pas possible. Il suffit de comparer les budgets pour s'en rendre compte. Il y a un parent pauvre. Et un parent moins pauvre .

Toutefois, les universités arrivent bon gré mal gré (maudite comptabilité publique) à réussir sa mission, qui est double : enseigner/former et réaliser de la recherche. Et oui, les enseignants (pas tous non plus, nous ne sommes pas tous à Lourdes) font de la recherche. Du moins les maîtres de conférence et les professeurs des universités.
Et à mon avis, ils le font plutôt bien malgré des problèmes d'organisation. En effet, il est possible d'y arriver sans être exceptionnel ni très bon (être bon suffit si la concurrence n'est pas nombreuse). Et ensuite, plus vraiment de contrôle. C'est quand même problématique. Il faudrait quand même qu'il y ait une mesure pour que les mandarins (ou les chevaliers puisque l'on est littéralement adoubé) soient redevables de leur statut.

Au lieu de cela, ils ont la liberté pédagogique et ils en profitent en proposant des milliers de formations toutes différentes les unes des autres. Au lieu d'avoir un diplôme national, on a une formation locale basée sur les desiderata de tel ou tel enseignant. N'est-ce pas formidable ?
Je me demande encore pourquoi ils passent autant de temps à réaliser des plaquettes qui vont être autant éloignées de la réalité ...

Il faudrait donc un meilleure sélection des professeurs, je pense que tout le monde est d'accord. Ce n'est pas pour autant qu'il faut adopter un concours comme le CAPES ou l'aggrégation qui est à mon humble avis pire encore ! Et je ne parle même pas des professeurs des écoles ... (que vais-je donc faire avec Amandine ?).
Mais le principal problème concerne la sélection des étudiants. En effet, le baccalauréat ne remplit plus cet office. En effet, c'est devenu un diplôme de fin d'études, ni plus ni moins. Alors, on a le choix : on laisse entrer n'importe qui à l'université et on écoute à la rentrée la phrase rituelle : "regardez bien vos voisins de gauche & de droite, à Noël, un sur deux aura disparu !".

La réforme Bayrou a permis la réorientation au bout d'un semestre. C'est une bonne chose même si c'est très problématique à mettre en place et que ça demande beaucoup de travail de remise à niveau pour celles et ceux qui en profitent. Au moins, ils ne perdent pas une année !
Mais une meilleure orientation permettrait déjà de limiter les dégâts.

D'autre part, les syndicats ne veulent pas entendre parler d'une sélection à l'entrée du master. Pourtant, elle a bien lieu puisqu'elle entre la première et deuxième année de master (donc entre la maîtrise et le DEA/DESS), les étudiants sont sélectionnés. Non pas en fonction de leurs notes mais des places disponibles !
Ne serait-il pas plus logique de l'instaurer au début de ce nouveau second cycle ?
Surtout que nombre de professeurs éliminent en fin de licence pour éviter que les étudiants passent en master. Dès lors, ils n'ont pas de place en master mais pas non plus leur licence ...

Que valent alors les diplômes ? La nouvelle structure LMD (Licence/Master/Doctorat) à bac+3/+5/+8 me semble pourtant intéressante. Encore faut-il aller au bout de la logique.

Le premier cycle doit être général, c'est-à-dire accessible à tout le monde ne fonction de ses compétences (cf. le problème des bacs pros & technos), diplômant en fonction de ses capacités et ouvrant ainsi une sortie vers le monde professionnel (avec des stages dès la première année) et surtout une possibilité de continuer pour les meilleurs.

Le second cycle doit permettre aux meilleurs de se spécialiser, doublement : dans une spécialité mais également en approfondissant les connaissances. Ce cycle n'a de sens que pris dans sa globalité avec pour conséquence la fin de la maîtrise telle que nous l'avons connue et qui n'a plus vraiment de sens.
D'ailleurs, je pense que les enseignants du secondaire devraient être titulaires d'un master d'enseignement où on leur apprendrait la pédagogie (pratique, pas théorique si ce n'est virtuel) avec des stages professionnels leur permettant de se rendre compte du terrain & surtout d'être sélectionné sur ce point également !

Le troisième cycle n'a pas de problème de diplôme, au contraite, formant les chercheurs et les enseignants du supérieur. Cependant il a un sérieux problème : le financement. En effet, après un bac +5, c'est la croix & la bannière pour financer ce dernier cycle. Les contrats et les postes d'assistant ne sont pas assez nombreux alors que le travail à réaliser est là. Et je ne parle même pas des bourses/allocations de recherche dont le mode de distribution est à revoir (j'en ai été victime).

Voilà, tout cela ne parle même pas du financement global, mais si on gérait déjà ce que l'on a avec plus d'intelligence, l'exemple viendrait d'en haut ... pardon, de l'enseignement supérieur.

Rédigé par Teknofil

Publié dans #Politique

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