La société du savoir

Publié le 25 Juin 2007

Après avoir lu l'entretien qu'a accordé Pierre Lévy au Monde, je me suis dit qu'il serait intéressant que je participe à cet énorme débat. En effet, il s'agit ni plus ni moins que du plus important débat du siècle. De l'avenir de notre société et ce à tous les niveaux : social, économique, politique et culturel pour ne citer que quelques caractéristiques.

Je suis un de ces "travailleurs du savoir". En tant que chercheur mais surtout en tant que chercheur sur ce domaine particulier qu'est la connaissance humaine.  Nous sommes quelques uns à nous casser la tête sur ce qu'il y a l'intérieur, son fonctionnement et surtout ce qui en découle tant en termes de productions intellectuelles (articles, ouvrages, idées & concepts) que de conséquences invisibles : réseaux sociaux, production collective et surtout communauté de savoir.

Derrière cela se cache la nouvelle cellule sociale. En effet, la communauté de savoir est au 21ème siècle ce que le village était les siècles passés : l'unité de mesure qui regroupe les êtres humains entre eux. Ainsi, les fans de telle ou telle star, les amateurs de tel ou tel sport ou encore les adeptes de pratiques particulières sont autant de communautés de savoir. Savoir au sens littéral, mais aussi savoir-faire et par moment, faire-savoir.

L'intérêt aujourd'hui est de permettre à tout à chacun de se réaliser dans ce qui l'intéresse. Cela n'est pas si facile. En effet, les structures sociétales sont loin d'être adaptées. Que ce soit la famille, l'école ou l'entreprise, il me semble qu'aujourd'hui encore nous vivons dans des schémas qui sont complètement dépassés !

D'une part la famille parce qu'elle est la structure la plus intime et celle dont on peut se sentir le plus éloignée parce que n'étant pas choisie et éventuellement la plus inadaptée. Pour ma part, j'ai eu la chance d'avoir cette liberté de m'épanouir, mais c'est une chance rare que j'ai eue.
La norme est plutôt à la coercition avec une reproduction sociale imposée et surtout une imprégnation de la culture, quelle qu'elle soit, qui va structurer la pensée sans aucune possibilité, si ce n'est exceptionnelle pour ne pas dire extraordinaire, de remise en question.

L'école et l'entreprise d'autre part où il ne faut pas sortir du moule et surtout ne pas faire de vague. Là aussi, j'ai eu la chance d'être assez maléable pour me laisser imposer cette formation barbare qui inculque dès le plus jeune âge le bachottage au lieu de lui apprendre à réfléchir !
Dès lors, comment se réaliser ? Si les moyens intellectuels ne sont pas disponibles, il y a fort peu de chance d'y arriver par soi-même ...

Les nouvelles technologies ont beau être là, permettre à tout à chacun de communiquer, de s'instruire voire de s'éduquer, il n'en reste pas moins que les bases sociétales, la tête bien faite à défaut d'être bien remplie, sont loin d'être réunies. Seule une minorité peut y parvenir. Il faudrait qu'elle parvienne à faire en sorte que ce droit soit reconnu comme universel et qu'il prenne le pas sur le reste.

Rédigé par Teknofil

Publié dans #Politique

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